Judith : La Creuse dans la peau

creusoise

C’est autour d’une tisane au Petits d’Homme, charmant magasin de jouets du centre-ville de Guéret, que je retrouve Judith en cette belle journée printanière. Après lui avoir rappelé les contours du projet de « Creusois-Néo-Creusois », elle commence par me détailler son histoire avec la Creuse, ce « pur hasard » qui les y a conduits : « On vivait à Lyon, on a voyagé tous les deux au Danemark pendant plusieurs mois pour faire du woofing (bénévolat dans des fermes bio) et quand on est rentrés à Lyon, on s’est dit qu’on ne voulait plus de cette vie en centre-ville et on a décidé d’aller vivre à la campagne, mais on ne savait pas du tout où. À la fin de ses études, je lui ai dit « cherche n’importe où et on ira s’installer là où tu trouveras ». Il a trouvé un poste à Guéret. C’était un CDD de trois ans, on s’est dit « on tente, on verra bien, au pire, dans trois ans, on repart ». »

Parce qu’évidemment, annoncer à sa famille et à ses amis qu’on part vivre en Creuse ne suscite pas des exclamations de joie et de liesse. Phénomène que Judith confirme : « Tout le monde nous disait « mais qu’est-ce que vous allez faire en Creuse ? Pourquoi vous allez vous enterrer là-bas ?». Nos amis avaient l’impression qu’on allait dans un endroit où on allait s’ennuyer, alors qu’au bout d’un an, on a décidé de s’installer ici et on a acheté une maison. Du hasard qui a bien fonctionné ! », conclut-elle en souriant.

Un attachement très humain

Le hasard, s’il existe, a donc bien fait les choses. Mais c’est une chose de s’installer en Creuse, c’en est une autre d’y rester. Surtout que le monde est vaste. « On ne connaissait vraiment personne en arrivant, mais on s’est tout de suite bien sentis ici, précise Judith. Dans le hameau, on a des gens très chouettes autour de nous et les personnes âgées qui vivent près de chez nous sont contentes de voir des enfants dans le village. Mon conjoint s’est positionné dans l’équipe municipale et il a été très bien accueilli parce que c’était chouette d’avoir des jeunes et des nouvelles personnes qui s’investissent. À travers le monde associatif, on a directement rencontré beaucoup de gens, notamment un petit cercle d’amis qui l’est encore aujourd’hui. On s’est sentis hyper bien accueillis et notre attachement à la Creuse est très humain. »

De l’apaisement et un équilibre en Creuse

Le seul bémol que Judith prononce au sujet de son installation en Creuse, c’est l’éloignement des familles respectives. Mais un bémol qui ne pèse pas très lourd face aux bienfaits de la vie dans cette campagne : « Les enfants qui passent leur vie à l’extérieur, pour moi c’est juste merveilleux.  On est bien dans notre maison qu’on a rénovée nous-mêmes. On a rencontré des gens avec qui on aime partager et vivre des choses. La question ne se pose plus, on a vraiment en vie de vivre ici ! ». 

Et les Creusois et Creusoises dans tout ça ? « En fait, je me rends compte que je ne me suis jamais posée la question quand je parle à des gens de savoir s’ils sont creusois ou néo-creusois. » Ce n’est donc même pas un sujet pour Judith. On n’est donc pas loin de l’idylle parfaite : « J’espère que La Creuse restera un territoire aussi peu peuplé, même si c’est bizarre à dire. J’aime la Creuse comme elle est, je n’ai pas très envie qu’elle change…»

Judith avoue qu’ici, ils ont trouvé un équilibre, une sorte d’apaisement. Puis elle glisse une confidence : « Je crois qu’on ne bougera plus de Creuse. Une fois qu’on a trouvé sa petite place, on la garde… On a envie de continuer à construire ici. Je me vois bien vivre en Creuse jusqu’à ma mort ! »

Avant de mettre un terme à notre entretien, je découvre le magnifique tatouage que Judith arbore au bras gauche. Elle m’explique que c’est le travail d’une tatoueuse de Felletin, travail qu’elle a trouvé magnifique. Judith a désormais la Creuse dans la peau !

Pour le prochain portrait, Judith me conseille d’aller à la rencontre de Clémence, née en Creuse et créatrice de « Cousu bio ». Rendez-vous au prochain portrait…