Arrivée en creuse il y a un an et demi, Delphine a trouvé une maison qui l’attendait réellement et lui a envoyé trois signes comme dans les contes pour enfants pas sages. De la Creuse, elle dit tout aimer. Elle ne sait pas encore très bien comment la bascule va se faire, mais déjà elle est pleine d’envies pour le territoire…
Delphine, je l’ai rencontrée par une connaissance commune et jusque-là nous n’avions échangé que par messagerie. Ce jour-là, nous avions rendez-vous dans un café de Chénérailles pour faire connaissance. Très vite, j’ai eu envie de faire son portrait et comme elle s’est sentie concernée, elle a immédiatement accepté.
Delphine Maury est née à Grenoble et a déménagé à Paris à l’âge de 7 ans. Elle a vécu ce moment comme « une grande rupture, une grande souffrance ».
« Moi, je croyais qu’on allait changer le monde. »
Delphine est devenue productrice de dessins animés après avoir travaillé de longues années comme journaliste dans la presse jeunesse chez Bayard pour les magazines J’aime lire et DLire. Elle est ensuite entrée dans l’audiovisuel où elle a travaillé à la direction d’écriture de séries, toujours pour la jeunesse, qui est une constante dans son parcours professionnel. Très engagée pour la jeunesse, elle est passionnée par le fait d’accompagner les jeunes dans le monde qui nous entoure et ses évolutions. Elle a écrit Les grandes grandes vacances, une série qui passe sur France télévisions depuis 10 ans ; un long récit feuilletonnant qui raconte l’enfance de deux parisiens envoyés en Normandie pendant la guerre et basé sur des témoignages. Puis elle a produit Tobie Lolness, une adaptation télévisuelle du roman de Timothée de Fombelle, de 26 épisodes, soit 11 heures de feuilleton, dont elle est très fière. Delphine se voit comme « une productrice de service public ». Mais aujourd’hui, elle se pose beaucoup de questions.
La période du covid lui a permis de poser les choses, de réfléchir, et de remettre en question sa vie : « Le covid pour moi, ça a été une période formidable. Je me suis rendu compte que je vivais dans les interstices du boulot, et là, j’ai découvert que je pouvais travailler dans les interstices de ma vie. Je me suis dit, alors on peut tout changer. »
« Ça a été carrément des retrouvailles cette maison, elle m’a fait un truc de fou. »
Tout est parti de là, une envie de vivre plus ou mieux et surtout une envie de trouver son lieu d’ancrage. Depuis toute petite, Delphine cherche SA maison. Elle se sent « apatride », n’en peut plus de Paris : « Je n’ai jamais appartenu à cet endroit-là. » dit-elle avant de sourire. Sa maison, celle qu’elle cherche depuis « toute sa vie », elle l’a trouvée… en Creuse !
Il y a un an et demi, après avoir passé 10 jours près d’Aubusson chez une amie « un peu en mode pré-burnout », elle décide de chercher une maison sur Internet et elle trouve.
Ce qui l’a décidé à sauter le pas ? « Je suis arrivée pour la première fois et j’ai ressenti aussitôt une émotion intense, c’était hyper puissant, hyper touchant. »
Ce qu’elle a aimé ? « Les routes tortueuses, tu peux aller dans n’importe quel endroit et il y a 6 façons d’y arriver. Les arbres sont immenses, on peut faire 45 mn de voiture sans jamais croiser personne. Tout m’allait en Creuse, que tout soit long, que le temps soit long. »
Mais surtout, la rencontre de sa future maison est un véritable conte de fée. Lorsqu’elle va la visiter avec la dame de l’agence, par trois fois celle-ci ne parvient pas à ouvrir les portes, par trois fois Delphine y parvient avec une facilité désarmante, y compris quand la dame utilise la mauvaise clé et que la serrure est montée à l’envers. « Quand on veut que quelque chose soit « vrai » dans un scénario, il faut le dire 3 fois. Et la maison, elle m’avait dit 3 fois que c’était moi. »
Pour la Creuse, des envies, elle en a plein
Depuis toujours, elle continue d’explorer plein de sujets qui la passionnent comme la céramique qu’elle pratique depuis longtemps, elle rêve d’ailleurs d’installer un atelier dans sa maison de Chénérailles. « Je n’ai jamais arrêté de me former, aux plantes médicinales, à la communication animale ou entre autres, en hypnose humaniste. » Elle a une passion et une fascination pour les intelligences artificielles, tout en étant consciente de la dévastation qu’elles peuvent engendrer.
En attendant de venir y vivre un jour, elle rencontre énormément de gens en Creuse, des artisans, des voisins, des creusois et des néo creusois, elle prépare la suite et se sent vraiment accueillie par des gens passionnants et très ouverts.
Pour l’instant, elle continue à faire des aller retours entre Paris et la Creuse mais la suite s’écrit déjà…





